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11 août 2010 3 11 /08 /août /2010 00:00

 

 

 

Conte des Asturies
ALFRED DE MUSSET

 Il était une fois un prince qui ne riait jamais. Mais un jour, une femme dit :
– Moi, je le ferai rire ce prince, rire et pleurer.
Et la femme revêtit des haillons cousus avec de la ficelle, répandit ses cheveux sur ses épaules et au son d'un tambourin alla danser devant le prince qui se tenait accoudé au balcon de son palais.
Elle fit tant et tant en dansant fougueusement, que soudain la ficelle qui retenait ses vêtements se rompit et elle se retrouva toute nue au milieu de la rue. La voyant, le prince se mit à rire aux éclats.
La femme n'avait pas pensé qu'elle pourrait perdre son costume. Quand elle vit que le prince riait d'elle, elle lui dit :
– Plaise à Dieu que vous ne riiez jamais plus avant de trouver les trois oranges d'amour.
Dès cet instant, le prince se sentit bien triste. Un jour, il décida :
– Je veux m'amuser et rire. J'irai chercher les trois oranges d'amour où quelles soient.
Et il partit à leur recherche, marchant de village en village. Un matin, il rencontra la femme qui lui avait jeté la malédiction, mais il ne la reconnut pas.
– Où allez-vous ? lui demanda-t-elle.
– Je cherche les trois oranges d'amour.
– Elles sont très loin d'ici ; trois chiens les gardent au fond d'une grotte. Allez vers le Nord et vous la trouverez nichée au creux d'un amas de rochers.
Le prince acheta trois pains et se remit en route. À la fin, il arriva aux rochers qui abritaient la grotte. Au moment où il allait y pénétrer, un chien grognant apparut à l'entrée. Le prince lui jeta un pain et poursuivit son chemin.
À quelques pas de là, il vit, planté devant lui, un autre chien ; il lui jeta le deuxième pain et put avancer.
Plus loin encore, se tenait le troisième chien. Le prince le régala lui aussi, avec le troisième pain, et continua son exploration. Tandis que les chiens mangeaient les pains, il déboucha dans une salle où il y avait une table en or garnie de trois boîtes. Il les saisit et s'enfuit. Chacune d'elles contenait une orange d'amour.
Après avoir marché plusieurs heures, il s'assit sous un frêne et dit :
– Je vais ouvrir une boîte.
Il l'ouvrit, et l'orange se mit à parler :
– De l'eau ! de l'eau ! sinon je vais mourir. De l'eau, je me meurs !
Mais le prince n'avait pas d'eau et l'orange mourut.
Il reprit sa route et arriva à une auberge ; il y commanda à manger, une jarre de vin et une autre d'eau.
Il ouvrit la deuxième boîte, et l'orange se mit à parler :
– De l'eau ! de l'eau ! sinon je vais mourir. De l'eau, je me meurs !
Mais le prince au lieu de prendre la jarre d'eau prit celle emplie de vin, la versa dans la boîte, et l'orange mourut.
Son chemin le mena dans une montagne où coulait une rivière ; il s'y arrêta et ouvrit la troisième boîte. L’orange se mit à parler :
– De l'eau ! de l'eau ! sinon je vais mourir. De l'eau, je me meurs !
– Cette fois, dit le prince, tu ne pourras pas mourir faute d'eau.
Et il jeta la boîte dans la rivière.
Aussitôt, un nuage d'écume se forma sur l'eau et une princesse plus belle que le soleil en sortit.
Le prince l'emmena avec lui et l'épousa au premier village qu'ils rencontrèrent.
Un an après, la naissance d'un fils augmenta encore leur bonheur.
Mais un jour, le prince annonça à son épouse :
– Il nous faut retourner voir ma famille ; je n'ai donné aucune nouvelle au roi mon père depuis que j'ai quitté le palais.
Ils se mirent donc en route et à l'entrée de la ville où vivait son père, le prince dit à sa princesse :
– Reste assise au pied de cet arbre, près de la fontaine, pendant que je vais annoncer notre arrivée au roi mon père. Je reviendrai très vite te chercher.
La princesse s'assit au pied de l'arbre, son fils endormi au creux de ses bras.
C'est alors que passa la femme qui avait jeté la malédiction au prince. Elle s'approcha de la fontaine pour boire et vit dans l'eau le reflet d'un visage d'une incommensurable beauté. Elle se redressa en reculant et dit :
– Je suis très belle !
Elle se rapprocha peu à peu de la fontaine et l'eau réfléchissait toujours le même visage, plus resplendissant que jamais. Elle se recula à nouveau en répétant :
– Je suis très belle !
C'est alors que, s'approchant pour la troisième fois de la fontaine, elle vit que le visage reflété par l'eau était en fait celui de la princesse. Elle lui demanda :
– Que faites-vous ici ?
– J'attends le prince, mon mari.
– Quel bel enfant vous avez ! Donnez-le-moi un moment, je le tiendrai pendant que vous vous reposerez.
À contrecœur, la princesse tendit son enfant à la femme. Alors celle-ci lui dit :
– Quels beaux cheveux vous avez, princesse ! Sûrement plus fins que de la soie. Mais vous êtes toute décoiffée.
En même temps qu'elle faisait semblant de lui arranger son chignon, elle lui enfonça une épingle dans la tête, et la princesse se transforma en colombe.
La femme, qui était une sorcière, prit l'apparence de la princesse, posa l'enfant sur ses genoux et s'assit au pied de l'arbre en attendant le prince. À son retour, celui-ci dit à celle qu'il croyait être son épouse :
– On dirait que ton visage a changé.
– C'est à cause du soleil qui m'a bruni la peau ; ça disparaîtra dès que je serai reposée des fatigues du voyage. Allons-y.
Ils se dirigèrent vers le palais royal. Peu de temps après le roi mourut, son fils hérita du trône et la sorcière devint donc reine.
Pendant ce temps, tous les matins, la colombe venait voler dans le verger du roi ; elle se posait sur un arbre, mangeait un fruit et disait - Jardinier du roi !
– Madame ?
– Que font le roi et la reine mauresques ?
– Ils mangent, ils boivent et se reposent à l'ombre.
– Et l'enfant ? Que fait-il ?
– Par moments il chante, par moments il pleure.
– Pauvre amour de sa mère, qui erre seule dans la montagne !
Un jour, le jardinier répéta au roi la conversation qu'il avait tous les matins avec la colombe. Le roi lui ordonna alors d'attraper l'oiseau pour le donner à l'enfant. Dès qu'il fut en leur possession, la reine voulut tuer l'oiseau.
L’enfant passait de longs moments à jouer avec la colombe. Un jour, il remarqua qu'elle se grattait sans cesse la tête avec sa patte. Il y trouva l'épingle qui était plantée. Il l'arracha, et aussitôt la colombe se transforma en reine. L’enfant éclata en sanglots et la reine lui dit :
– Ne pleure pas mon fils, car je suis ta mère.
Elle saisit l'enfant, le couvrit de baisers. À ce moment, le roi arriva et tomba dans les bras de la reine. Celle-ci lui raconta comment elle avait été ensorcelée par la sorcière au bord de la fontaine.
On brûla la sorcière sur la place publique, et le roi et la reine vécurent longtemps heureux.

 

 

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commentaires

AndreBouchaudJuste sitation 19/08/2010 10:13


Bien cher tous j’ai de nouveau des problèmes avec mon PC je vous envoie en séries ce commentaire sur Portable de Mathias mon petit fils qui n’est que de passage. J’attends un technicien aujourd’hui
Bissssssssous Amitiés André.


chtinoeil 12/08/2010 22:05


j'ai bien fait de passer par ici avant d'aller dormir, ton texte, enfin celui de mr de Musset laisse reveur
kiss Flo et merci


nadia-vraie 12/08/2010 20:21


C'est un beau conte Flo.
À bientôt.


Eliane 12/08/2010 15:04


belle histoire !! et qui finit bien !
a bientot*


Martine et Eglantine 12/08/2010 06:47


Une très belle histoire qui se finit bien pas pour la sorcière.... Bises


:0014:dom 12/08/2010 05:59


Crotte de bique ! mon com ne veut pas partir ...

Bon jeudi ! Bisoux. +++


AndreBouchaudJuste sitation 12/08/2010 05:34


Coucou Florence nous te souhaitons une bien agréable journée pleins de bigs bissssssssssssous Marie Dédé


Chana 12/08/2010 03:06


Coucou ma Flo,
Juste un passage rapide pour te dire que je suis de retour. Cette fois-ci j'irai à mon rythme et sans contrainte.
Bises à toi et à très bientôt.
Chana


Dicentim 11/08/2010 21:10


je te souhaite une bonne fin de semaine.
et un grand bravo pour ton blog.
Magnifique.
:-)


paquerette 11/08/2010 20:40


Ah Flo et les contes de fée, si la vie pouvait être ainsi!!!
bisous


sophie" 11/08/2010 17:44


Toujours des contes captivants chez toi ma Flo. Merci .
Gros bisous de ta Nanou.


Lmvie 11/08/2010 16:55


Tu fouines où toi pour trouver tous ces contes ?

Bisous petite maligne


Jean 11/08/2010 15:47


Bonjour
Comme quoi c'est toujours dangeureux de vouloir jetter un sort à quelqu'un ;
sincèrement
jean


Marc de Metz 11/08/2010 13:55


Je reviens d’un séjour de quelques jours en compagnie,chez elle là-bas dans l'Est du sud pour moi, de Galatée. C’est sous ce très beau conte que je passe te remercier de ton commentaire, celui
laissé sur mon blog pendant que j’étais avec Galatée. Merci Flo, je t’embrasse, de Metz, Marc. @mitié et bonne journée à toi.


Quichottine en pause à durée indéterminée 11/08/2010 10:39


Je connaissais le conte mais je ne me souvenais plus qu'il était de Musset.

J'adore !

Merci pour cette relecture, Flo.
Je t'embrasse fort, passe une bonne journée.


Galatee 11/08/2010 08:55


Comme quoi,
il faut toujours avoir sa petite bouteille d'eau,
quand on part en rando !
:-)
Gros bisous étoilés d'une Galatée qui a, elle aussi, retrouvé ses lares.dons, mais qui a laissé repartir M à M. ;-)


:0014:dom 11/08/2010 08:43


Saloperie de vieille sorcière ! Pfffffff Bien fait pour elle !!! na.
Bon mercredi ! Bisoux.


Coucou Flobiker06 11/08/2010 08:42


coucou Flo
Tu racontes une histoire d'orange , et bien ! je vais te raconter une histoire de citron de chez moi.
La legende rapporte qu'Eve, chassée du paradis et décidement incorigible, emporta avec elle en souvenir de son eden perdu, un magnifique agrume: le citron. Redoutant la colere divine, Adam
enjoignit à sa compagne de se debarrasser au plus vite de ce fruit.
Mais la premiere femme déclara qu'elle ne l'abandonnerait que dans un lieu lui rappellant le mieux le paradis.

Aprés avoir parcouru plaines et vallons, montagnes et rivages, Eve conservait toujours l'unique vestige de leur bonheur disparu, n'ayant découvert aucub paysage digne de justifier ses choix.
Parvenue sur les bords de la grande bleue, elle aperçut à ses pieds Garavan, le golfe paisible, une baie admirable, ses rivages, la douceur de son climat, la végetation luxuriante. " C'est ici dans
ce cadre de reve que je decouvre le paradis" déclara elle et elle enterra alors le citron dans ce sol qui allait devenir Menton Cote d'Azur.
bisous
pat


:0091: :0010: :0085: 11/08/2010 08:17


on brûla la sorcière.....heureusement...cela n'existe plus...........bonne journée Flo


canelle56 11/08/2010 08:07


L'amour triomphant ..belle morale en fait
bises Flo


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